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De la forêt primaire à la forêt moderne

Les forêts actuelles de Belledonne n’ont pas grand chose à voir avec avec la forêt primaire.

Article mis en ligne le 16 mars 2010
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En Europe, il ne reste à l’heure actuelle que quelques massifs forestiers issus des premiers peuplements originels alpins. Ces forêts primaires se mettent en place progressivement à partir de la fin de l’épisode glaciaire du Würm, il y a – 18000 ans. Un lent réchauffement s’accentue à partir de – 12000 ans avec des alternances plus chaudes ou plus froides, plus humides et plus sèches.

La colonisation des espaces s’opère au fur et à mesure du retrait des glaciers à partir des crêtes en descendant dans les vallées. Les mousses et lichens sont les premiers colonisateurs à s’installer durablement sur les moraines et rochers mis à nu. Ils préparent efficacement le substrat pédologique à l’arrivée des végétaux endémiques
héliophiles et hygrophiles de la toundra proche : Dryade, saules, aulnes, bouleaux, pins sylvestre, trembles, noisetier… adaptés à des températures périglaciaires froides, un bon ensoleillement et une forte humidité ambiante. Les armoises et stipes, de provenance des steppes de l’Europe orientale colonisent les sols encore neufs et dégarnis. Au gré d’une augmentation des moyennes thermiques, l’épicéa et le mélèze d’origine sibérienne et eurasiatique, reconquièrent à partir de zones refuges et migrent progressivement vers les hauts flancs de vallée. Côté ubac, le mélèze cèdera rapidement la place aux futaies irrégulières de sapinières-hêtraies jusqu’à 1600m. Dans les plaines et collines, s’étendent alors, à la place des plantes colonisatrices le chêne pubescent, le charme, le chêne pédonculé, le frêne et le châtaignier. Ce dernier reste l’actuel dominant sur les versant ouest des collines bordières bien que acidophile. Des espèces feuillues plus évoluées prennent place au cœur des peuplements résineux dans les étages collinéens et montagnards comme le hêtre, le tilleul, l’érable plane et sycomore laissant la dominance à l’épicéa sur les versants adrets au-delà de 1500 m et au subalpin. Le sapin originaire d’Europe centrale prend aisément sa place sur les versants ubacs plus froids et humides. Des territoires paléo-arctiques se maintiennent au delà de 2000m au sein des pelouses. Les lichens, rhododendrons, pins crochets et cembro se cantonnent dans cette zone de combat des végétaux.

Les premiers peuplements humains de chasseurs-cueilleurs apparaissent tardivement dans les alpes (entre -12500 et -7500 ans). Les hommes défrichent alors de petits secteurs utiles à leur subsistance. Le bois sert à se chauffer, à confectionner des outils et édifier les premiers habitats. Aucune activité intensive ne laisse son empreinte durable sur la forêt naturelle avant le néolithique ou l’homme se sédentarise devenant producteur en gérant mieux ses besoins en pâturages, bois et parcelles cultivées. Les premières grandes transhumances induisent l’entretien et l’exploitation plus nette des alpages alors disponibles au dessus ou au cœur des forêts. De l’âge du cuivre à celui du fer, le rythme s’accélère dans la gestion des ressources naturelles (De -6500 ans à -1500 ans). Les premières grosses industries autochtones voient le jour sous le joug allobroge préceltique (-750 av. JC), gaulois transalpin, puis romain avec le développement progressif et la concentration du travail des forges et fonderies primaires. La période moyenâgeuse amène peu de développement technique mais plus d’échanges. Le bois est consommé principalement pour l’habitat, les outils et la défense des hameaux. C’est lors de la renaissance et de la période prérévolutionnaire que nos massifs forestiers subissent une forte pression (bois blancs pour les charbons, hêtre, chêne et résineux pour les bois d’œuvre). Des pics de déforestation irraisonnés sont atteints au milieu du 19ème siècle notamment pour alimenter l’industrie des mines et des forges. Juste après la révolution française, les biens et terres, appartenant aux seigneurs et au clergé, sont partagés entre les communes et les habitants acquéreurs, c’est le début d’un morcellement historique et caractéristique des flancs de Belledonne côté Savoie, les biens communaux restant sujets à de nombreux litiges et réguliers pillages. Seuls les différents régimes politiques (1er empire, royaume de Sardaigne, Napoléon III) jusqu’au rattachement de la Savoie à la France arriveront à raisonner l’exploitation des forêts communes et privées par l’avènement de l’application du code forestier et de sa police spécifique. Plusieurs réformes ancrèrent solidement les replantations de nos flancs escarpés afin de limiter les problèmes d’érosion mais surtout de fournir à l’industrie et ses sous-traitances la matière première des fours, forges, papeteries, cartonneries…qui auront marqué durablement notre histoire locale.

Les forêts actuelles des Belledonnes, fortement anthropisées par une exploitation oscillante depuis le moyen âge, ressemblent peu à la forêt primaire. Les besoins des habitants, des diverses industries humaines, des alpages, des mines, du charbon de bois, du bois de chauffage, de la pâte à papier ou de carton, et des conflits (guerre, invasion, état-commune-habitant) ont fortement masqué l’étagement naturel de la végétation. Les défrichements, les coupes à blanc, les catastrophes naturelles, les plantations de châtaigniers, d’épicéas, et plus tardivement de douglas ont ainsi modifié le paysage forestier local laissant à notre vue des ensembles plus homogènes et géométriques qu’ils ne le seraient sans notre intervention mécanique et manuelle. Le climat actuel verrait sans l’influence humaine les forêts devenir des futaies irrégulières plus mixtes entre feuillus et résineux apportant ainsi une plus grande biodiversité et une meilleure stabilité sanitaire des peuplements forestiers.

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