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Mairie d’Arvillard (Savoie)
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Le site officiel de la commune d’Arvillard en Savoie

La sidérurgie à Arvillard

L’extraction et le travail du fer font partie du patrimoine de la commune

Article mis en ligne le 14 novembre 2008
dernière modification le 17 février 2015
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Pendant des siècles, à Arvillard comme dans tout le massif de Belledonne et les Hurtières l’extraction et le travail du fer ont été des activités importantes.

  Sommaire  

Le massif de Belledonne et les Hurtières sont depuis longtemps des régions de travail du fer, sans doute avant l’époque romaine.

  • L’ingénieur Giroud (1761-1797) indique :« Il existe à l’Est de Grenoble, une grande chaine de montagnes granitoïdes, immensément riches en filons de mines de fer spathique. Pour la plupart, les filons de ces mines spathiques se retrouvent fréquemment dans ces montagnes depuis Vizille jusqu’à St. Hugon à l’extrême frontière du département de l’Isère... Les exploitations des mines de fer du département de l’Isère sont très anciennes dans le pays, notamment dans le canton d’Allevard. La première époque où les Allobroges commencent à les convertir en fer se perd dans la nuit des temps. ».
  • Selon la légende, Durandal, l’épée que Charlemagne remit à Roland, fut forgée avec le fer des Hurtières.
  • Georges Salamand, spécialiste de l’histoire du fer dans la région et auteur du livre « Le maitre de Saint Hugon, Emile Leborgne » affirme que, si les moines Chartreux se sont installés dans le vallon du Bens en 1173 c’est parce qu’il y avait du fer.

Le fer a été exploité très tôt car les filons de fer en hématite
 [1], faciles à travailler, affleurent en de nombreux endroits notamment en altitude comme au col de la Mine de Fer (2400 m).
De plus, l’autre matériau indispensable, le charbon de bois, ne manque pas grâce aux importantes forêts.

A la fin du XVIe, des italiens de la région de Bergame inventent la méthode indirecte permettant de fabriquer la fonte qui sera ensuite transformée en fer. Le « haut fourneau » est né. Une quinzaine de hauts fourneaux se créent dans la région d’Allevard et les Chartreux en construisent deux, quelques centaines de mètres en aval de Saint Hugon, de chaque coté du Bens, un en Savoie, l’autre en Dauphiné. Les minerais proviennent de différentes mines de la région : Pinsot, Malatrait (vers l’actuel Collet d’Allevard), Saint Georges d’Hurtières, la vallée des Huiles, Prodin, le Molliet.

A la révolution, les Chartreux sont chassés, le couvent vendu en 1792 de même que les hauts fourneaux.

A partir de 1829 la famille Leborgne, industriels lyonnais (chapellerie et transport) achète le haut fourneau de Saint Hugon. De 1845 à 1860 le haut fourneau fonctionne sous la direction d’Emile Leborgne qui crée également, en 1859 à Pont-de-Bens, une taillanderie pour la fabrication d’outils de terrassement ferroviaire. Définitivement fermé, le site de Saint Hugon est vendu en 1873.

Après 1792, la Chartreuse connaitra différentes destinations : établissement thermal, ferme, lieu de festivités ; en 1979 elle est rachetée par un groupe de pratiquants du bouddhisme pour devenir Karma Ling.

Le site du haut fourneau complètement ruiné, oublié, envahi par la végétation est quasi invisible.

L’été 2005, à l’initiative de Bien Vivre En Val Gelon, un chantier Concordia permet de dégager le site. [2]
Le 11 octobre 2008 ont été organisé sur le site une visite et une conférence sur le thème « les chartreux maitres de forges » avec Georges Salamand.

L’association Bien Vivre au Val Gelon a également initié une remise en valeur du site minier de la vallée du Joudron en aval du hameau du Molliet.

D’importants travaux de déboisement, auxquels ont participé plusieurs Pierrus, ont permis de dégager un important four à griller. Situé en contrebas de la mine du Molliet, il permettait un premier traitement pour abaisser la teneur en soufre du minerai qui était ensuite stocké sur une « regraine » extérieure, sur place ou près du haut fourneau. [3]
Quelques mètres en amont, sur la rive droite du Joudron, deux moulins à céréales ont également été dégagés.

Deux sites intéressants ont ainsi été mis en valeur ; il en existe peut-être quelques autres, mais il serait maintenant souhaitable de pérenniser ce travail en engageant des travaux de restauration ou au moins de conservation.
Un projet initié il y a quelques années par Espace Belledonne [association créée à l’initiative des élus locaux pour promouvoir le développement des communes de Belledonne] permettrait dans l’avenir de constituer une véritable « Route du Fer sur Belledonne ». Arvillard, placé entre Pinsot, Allevard et le grand Filon des Hurtières aurait toute sa place sur cet itinéraire.

 Bibliographie.

Notes :

[1minerai de fer très courant, de couleur noire à gris argenté, brun à rouge

[2Concordia est une association loi 1901, née en 1950, suite à la Seconde Guerre Mondiale, de la volonté de jeunes anglais, allemands et français de faire renaître les valeurs de tolérance, de paix à travers un chantier international de bénévoles.

[3La regraine est composée de tas carrés formés de couches peu épaisses



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